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  télécharger .mp3                                           Une interview exclusive du
Dr. Karaboscoop



Le Dr.Karaboskoop est mondialement connu pour ses nombreux travaux concernant les sorcières des villes. Son dernier ouvrage, « La sorcière des villes et la sorcière des champs » a été traduit en 79 langues. Il y présente une étude comparée des deux variétés de sorcières les plus répandues dans nos pays occidentaux.


Dr. Karabokoop, pouvez-vous nous décrire l’habitat typique de la sorcière des villes ?

Cette question a fait l’objet de mes tout premiers travaux. La sorcière des campagnes vit en général dans une cabane au fond des bois, et comme elle, la sorcière des villes est très secrète, et cherche à se cacher des hommes. Mais en ville, c’est très difficile. La sorcière des villes affectionne plus particulièrement les vieilles caves oubliées, trop sombres et trop poussièreuses pour qu’un mortel ose s’y aventurer, ou parfois les recoins les plus sombres des parkings souterrains.

La cave de Garokapo

Un croquis exclusif du salon de Garokapo, dans lequel on peut voir également une partie de l'appartement du dessus

 

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Dr. Karaboscoop, la sorcière des villes fait-elle des potions magiques ?

Oui, bien sûr. Cependant, elle a beaucoup de mal à se procurer les ingrédients usuels des sorcières des campagnes. Ainsi, la sorcière des villes n’utilise pas de bave de crapaud ou de bouillon de serpent, mais plutôt du jus de poubelle, de l’eau de caniveau, ou de l’huile de moteur, qu’elle récolte les nuits de pleine lune dans les parking souterrains.

 

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Pouvez dire à nos lecteurs
quels sont les animaux préférés de la sorcière des villes ?


Eh bien elle adore les chats noirs bien évidemment, comme toute les sorcières de la planète. Mais elle apprécie également beaucoup les araignées et les rats. Elle en accueille souvent des familles entières dans son repère. Ainsi, la sorcière Garokapo, que j’ai pu étudier dans la plus grande discrétion, a une araignée domestique, Anabelle. Anabelle habite la cave de Garokapo, où elle a tissé beaucoup de grandes et belles toiles : une toile de séjour, une soile à coucher, une toile à manger, une toile de bains sous un tuyau qui fuit, et une toile de réception pour accueillir les araignées en visite.

                                                                                                                   

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Je vois, Dr.Karaboskoop, que vous avez une connaissance impressionnante de cette variété de sorcières, pourtant si discrètes. 
Connaissez-vous leurs sortilèges préférés ?


Eh bien les sorcières des villes les moins agressives se contentent de jouer des mauvais tours aux mortels que nous sommes. Elles glissent des crottes de chien sous les semelles des passants, font apparaître des voitures sur les places de parking libres ou dessinent des moustaches sur le visage des jolies dames des affiches publicitaires. Mais les plus diaboliques d’entre elles vont jusqu’à ensorceler les gens: pas les princes ou les princesses bien sûr, car il n’y en a pas en ville. Non, leurs victimes sont … les stars des magazines. Vous avez l’impression que l’une d’elle semble condamnée à changer d’amoureux tous les mois : c’est un sortilège. Vous apprenez qu’une autre est frappée d’une mystérieuse poussée de boutons : c’est un sortilège. Vous lisez enfin que chez une troisième, la piscine déborde chaque nuit de solstice et innonde sa villa de Saint-Tropez : c’est encore un sortilège.


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Dr.Karaboscoop, pour terminer cet entretien, pouvez-vous nous dévoiler 
les lieux choisis par les sorcières des villes pour leur sabbat ?

Eh bien tout porte à croire qu’elles se rassemblent certaines nuits dans les parkings souterrains, même si personne parmi notre communauté d’experts n’a jamais réussi à les y surprendre. Néanmoins, nous avons de sérieux indices: qui n’a pas retrouvé une fois au moins, une bosse ou une rayure à sa carrosserie après avoir laissé sa voiture dans un parking souterrain? Certains confrères ont également envisagé qu’elles pourraient se réunir dans les sompteuses salles de réunion des grandes compagnies bancaires. Il est vrai que l’on observe parfois lors de  virées nocturnes le long des grands boulevards, des rangées de baies vitrées mystérieusement éclairiées au sommet des immeubles d’affaires. Mes travaux portent actuellement sur cette question, pour l’instant sans réponse.

 

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